Fiscalité des locations saisonnières en Baie de Somme : le guide pour déclarer vos revenus

Maison de location saisonnière près de la baie de Somme avec des documents vierges posés sur une table.

Louer un appartement à Saint-Valery-sur-Somme, une maison au Crotoy, un gîte à Cayeux-sur-Mer ou un meublé près du parc du Marquenterre peut générer des revenus attractifs. Pour autant, la fiscalité d’une location saisonnière en Baie de Somme ne se résume pas à reporter les sommes encaissées sur sa déclaration annuelle. Régime d’imposition, classement du logement, taxe de séjour, cotisations sociales et taxes locales doivent être anticipés avant la première arrivée de voyageurs.

Les règles évoluent régulièrement, en particulier pour les meublés de tourisme. Il est donc essentiel de distinguer les recettes de l’année concernée, les formalités locales applicables dans la commune où se situe le bien et votre situation personnelle.

Les revenus d’une location saisonnière sont imposés en BIC

Une location saisonnière est une location meublée de courte durée, proposée à une clientèle de passage qui n’y élit pas domicile. Dès lors que le logement comporte le mobilier nécessaire à une occupation normale, les loyers relèvent des bénéfices industriels et commerciaux, ou BIC. Ils ne sont donc pas déclarés comme des revenus fonciers, qui concernent la location nue.

Cette règle vaut pour une activité occasionnelle comme pour une exploitation régulière d’un gîte ou d’un appartement touristique. Les recettes à prendre en compte incluent les nuits facturées, les frais de ménage lorsqu’ils sont encaissés par le propriétaire et, plus largement, les sommes perçues en contrepartie de la location. Les commissions prélevées par une plateforme ne diminuent pas le chiffre d’affaires à déclarer au régime micro : elles peuvent en revanche être déduites au régime réel.

Micro-BIC ou régime réel : le choix fiscal déterminant

Le micro-BIC pour une gestion simplifiée

Le régime micro-BIC fonctionne avec un abattement forfaitaire censé couvrir les charges. Le bailleur indique le montant brut de ses recettes sur sa déclaration, puis l’administration applique l’abattement correspondant. Il ne peut pas déduire séparément les intérêts d’emprunt, les travaux, les commissions de plateformes, l’assurance, la taxe foncière ou l’amortissement du logement.

Pour les règles applicables aux revenus récents, la distinction entre meublé de tourisme classé et non classé est devenue particulièrement importante :

  • un meublé de tourisme non classé bénéficie en principe d’un abattement de 30 %, dans la limite d’un plafond annuel de recettes nettement réduit ;
  • un meublé de tourisme classé peut bénéficier d’un abattement de 50 % et d’un plafond de recettes plus élevé ;
  • les seuils et modalités doivent être vérifiés pour l’année déclarée, car la réglementation a connu des changements récents.

À titre de repère, les seuils fréquemment retenus pour les revenus 2025 sont de 15 000 euros pour les meublés de tourisme non classés et de 77 700 euros pour les meublés classés. Le classement peut donc avoir une incidence directe sur le montant imposable, au-delà de son intérêt commercial auprès des vacanciers.

Le régime réel pour déduire les dépenses réelles

Au régime réel, le propriétaire déduit les charges liées à l’activité : intérêts du prêt, assurance propriétaire non occupant, frais d’agence ou de conciergerie, publicité, linge, petites réparations, taxe foncière, frais de comptabilité et certaines dépenses de travaux. Il peut aussi amortir le bien immobilier, hors valeur du terrain, ainsi que le mobilier et les équipements.

Ce mécanisme est souvent pertinent pour un investissement financé à crédit, un logement rénové ou un bien nécessitant des dépenses d’exploitation significatives. Il implique toutefois une comptabilité plus complète, la tenue de documents justificatifs et le dépôt d’une liasse fiscale. L’accompagnement d’un expert-comptable habitué à la location meublée peut sécuriser les calculs, notamment pour l’amortissement et le traitement des déficits.

Le micro-BIC n’est pas systématiquement le régime le plus avantageux. Il faut comparer l’abattement forfaitaire avec le total des charges déductibles et des amortissements avant d’opter pour le réel.

Meublé classé : un atout fiscal et touristique à étudier

Faire classer son logement en meublé de tourisme permet d’obtenir une catégorie de une à cinq étoiles, après une évaluation réalisée par un organisme habilité. Le classement est valable cinq ans. En Baie de Somme, il peut rassurer une clientèle qui recherche un niveau de confort identifié et aider à valoriser l’annonce pendant les périodes très concurrentielles.

Sur le plan fiscal, il peut ouvrir droit au régime micro plus favorable réservé aux meublés classés, sous réserve de respecter les conditions en vigueur. Il peut également influencer le tarif de taxe de séjour appliqué aux voyageurs. Avant d’engager la démarche, il est utile de calculer le gain fiscal potentiel, le coût du classement et le positionnement réel du logement sur son marché local.

LMNP, LMP et cotisations sociales : ne pas confondre les statuts

La plupart des propriétaires relèvent de la location meublée non professionnelle, ou LMNP. Le statut de loueur en meublé professionnel, LMP, s’applique lorsque les recettes annuelles de location meublée du foyer fiscal dépassent 23 000 euros et excèdent les autres revenus professionnels du foyer. Les conséquences fiscales, sociales et patrimoniales peuvent alors être différentes.

En LMNP, les revenus supportent l’impôt sur le revenu selon votre tranche marginale, ainsi que les prélèvements sociaux lorsque l’activité n’est pas soumise aux cotisations sociales. Mais la location de courte durée peut entraîner une affiliation et des cotisations sociales au-delà de certains seuils de recettes, notamment lorsque les revenus de meublés de tourisme dépassent 23 000 euros par an. Cette frontière mérite une vérification attentive : elle peut modifier fortement la rentabilité nette du projet.

Déclarer l’activité et les recettes correctement

Avant de louer, le bailleur doit en principe déclarer son activité de location meublée afin d’obtenir un numéro SIRET. Cette formalité permet d’identifier l’activité auprès de l’administration. La déclaration des revenus intervient ensuite chaque année dans la rubrique BIC adaptée au régime choisi. Au réel, elle suppose des obligations comptables et déclaratives spécifiques, avec des échéances généralement antérieures à la déclaration de revenus des particuliers.

Conservez systématiquement les contrats ou confirmations de réservation, le registre des recettes, les factures de charges, les relevés de plateformes et les justificatifs de travaux. Une comptabilité claire facilite non seulement la déclaration, mais aussi le pilotage de la rentabilité d’un bien dans une destination où les revenus sont très saisonniers.

Taxe de séjour en Baie de Somme : ce que le propriétaire doit gérer

La taxe de séjour est payée par les vacanciers, mais son recouvrement peut incomber au propriétaire ou à la plateforme de réservation. Son montant dépend de la commune ou de l’intercommunalité compétente, de la nature de l’hébergement, de son classement et du nombre de nuitées. Pour un logement non classé, le calcul peut être proportionnel au prix de la nuitée par personne, dans les limites prévues localement.

Dans le périmètre de la Baie de Somme, les tarifs et les procédures de reversement sont fixés par délibération et peuvent évoluer d’une année à l’autre. Il convient donc de consulter le barème applicable à la commune du bien avant de publier ses prix. Le propriétaire doit afficher ou communiquer clairement la taxe, la collecter lorsqu’aucune plateforme ne s’en charge, puis la reverser selon le calendrier local. Les personnes exonérées ne sont pas nécessairement les mêmes partout : l’âge des mineurs et certaines situations particulières doivent être contrôlés dans les règles en vigueur.

Autres taxes et formalités locales à anticiper

  • La taxe foncière reste due par le propriétaire, y compris lorsque le logement est loué une grande partie de l’année.
  • La cotisation foncière des entreprises, ou CFE, peut s’appliquer à la location meublée, même pour un particulier. Des exonérations existent dans certaines situations, notamment selon l’usage du logement, mais elles ne sont pas automatiques.
  • La taxe d’habitation peut rester due sur une résidence secondaire lorsque le propriétaire conserve la jouissance du bien en dehors des locations.
  • La TVA ne s’applique pas, en principe, à une location meublée classique. En revanche, la fourniture habituelle de services proches de l’hôtellerie peut faire basculer l’activité dans un régime différent.

Enfin, une déclaration en mairie peut être obligatoire pour un meublé de tourisme. Certaines communes peuvent aussi instaurer une procédure d’enregistrement ou encadrer le changement d’usage, en particulier dans les secteurs où la pression sur le logement est forte. Ces règles d’urbanisme et de location sont distinctes de la fiscalité, mais leur non-respect peut compromettre le projet.

Les bonnes pratiques avant de mettre un bien en location

  1. Estimez les recettes annuelles de façon réaliste, en intégrant la basse saison et les périodes de vacance.
  2. Listez toutes les charges annuelles afin de comparer objectivement micro-BIC et régime réel.
  3. Vérifiez l’intérêt d’un classement en meublé de tourisme avant le lancement de l’activité.
  4. Identifiez le tarif de taxe de séjour, la procédure de collecte et les formalités de la commune concernée.
  5. Anticipez le seuil de 23 000 euros de recettes et les conséquences sociales éventuelles.
  6. Conservez une réserve de trésorerie pour l’impôt, les prélèvements sociaux, la CFE et les dépenses de remise en état.

La fiscalité location saisonnière Baie de Somme se prépare donc dès l’acquisition ou avant la mise en ligne de l’annonce. Un choix de régime adapté et des obligations locales maîtrisées permettent de préserver la rentabilité tout en exploitant le logement dans un cadre déclaratif serein.